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Nature morte au pot d’argent

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NATURE MORTE AU POT D'ARGENT

Simon Luttichuys (1610-1661)
Pays-Bas, avant 1661
Signature : S. L. F. (en haut à droite)
Peinture à huile sur bois ; 49 x 36,9 cm
N° d'inventaire : Wil. 1682

Simon Luttichuys, frère aîné du portraitiste Isaac Luttichuys, a vraisemblablement été l'élève de Jan Janszoon Treck, peintre de natures mortes à Amsterdam, et sa Nature morte au pot d'argent est visiblement issue de cette école. La représentation de motifs définis et la mise en forme semblent rappeler les ouvrages de Jan Davidszoon de Heem, qui aurait influencé la peinture de Luttichuys dans les années 50 du XVIIe siècle. Longtemps, l'auteur du tableau est resté inconnu ; l'on a attribué cette nature morte à Willem Heda puis à Thiérry de Mass ; la découverte de la signature a permis de définir enfin le nom l'auteur.

Le charme de ce tableau plein de poésie dans sa simplicité est dû à la disposition naturelle des objets créant une composition claire et à la sobriété étonnante des moyens d'expression utilisés par l'artiste, ce qui donne au thème de la nature morte, que d'autres peintres ont traité avant l'auteur, une force nouvelle. D'habitude, les accessoires des natures mortes se perdent dans leur représentation formelle et leur figuration symbolique, alors qu'ici chacun des objets paraît briller de sa propre lumière. La représentation minutieuse des détails n'altère en rien la transparence du tableau et le fond uni, conventionnel, permet de mettre en valeur chacun des objets.

Cette Nature morte au pot d'argent témoigne de la finesse de l'art de Luttichuys et de son sens des couleurs. Dans les tons unis du tableau, les délicates teintes orangées en contraste avec le vert foncé du velours créent un accent plus fort. Les rayons obliques de lumière font ressortir les objets de l'ombre et donnent à toute chose un éclairage particulier. Chacun des objets, selon sa matière et sa couleur, reflète différemment la lumière. Les rayons glissent à la surface du pot et en dessinent le motif gravé, se perdent au bord du plateau où les objets se reflètent dans un « miroir » d'argent, plongent dans la douceur du velours qui les retient. Une luminosité intense à l'endroit où les images se réfléchissent et une disposition rigoureuse des éclats de lumière, donnent corps aux objets. Luttichuys joue avec leur facture. Il bouleverse en quelque sorte l'ordre des choses en illuminant d'une touche de lumière mate le manche de nacre du couteau, alors que son tranchant reste sombre ; il  renforce encore cet effet en plongeant la coupe de verre dans l'ombre.

Il est souvent malaisé de distinguer les natures mortes qui « veulent dire quelque chose » de celles qui ont une valeur purement décorative. Si le tableau de Wilanów a un « message », celui-ci peut s'exprimer en ces mots : « Les objets inanimés sont toujours moralement impeccables, et l'on ne peut en rien, hélas, les blâmer. (...) Ils sont tels pour nous servir d'enseignement, pour toujours nous reprocher notre inconstance ».

Dominika Walawender-Musz

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